Au bonheur de lire

C’est avec plaisir que j’ai appris le retour du Salon du livre de Saint-Jean-Port-Joli qui reprendra sa place parmi les activités incontournables de novembre. Comme la lecture est un plaisir qui se partage, j’en profite pour vous raconter une agréable anecdote vécue il y a quelques années.
Les déferlantes
J’appelle ça d’heureux petits z’hasards. Ces événements minimes qui ne changent pas la face du monde ni celle qu’on aperçoit tous les matins dans son miroir mais qui font chaud au cœur, qu’on aime se rappeler et raconter. Il a suffi d’un arrêt impromptu lors d’une balade en auto pour que se produise un des ces moments magiques.
En bordure de route, sur un terrain privé, plusieurs personnages sculptés attirent notre attention. Avec de grandes têtes de bois fantaisistes, colorées. Nous descendons de voiture pour les observer et l’artiste nous encourage à parcourir le site complet, nous invite même dans son atelier. Sa femme nous y rejoint bientôt et nous dit qu’elle conçoit et fabrique des vitraux est-ce que j’aimerais voir ce qu’elle fait bien sûr c’est gentil j’apprécierais. Mon mari reste dehors avec le sien et je la suis dans la maison où j’admire ses œuvres. Au salon, sur une table, j’aperçois du coin de l’œil un livre, Les déferlantes de Claudie Gallay. Ayant lu et adoré un autre titre de la même auteure, je lui demande ses impressions. Enthousiaste elle m’en dit grand bien et ajoute (roulement de tambour, voici le moment magique) je vous le prête vous me le rendrez lorsque vous repasserez. Voyons madame vous ne me connaissez pas et je ne passe vraiment pas souvent par ici. C’est pas grave, rien ne presse et même s’il ne me revenait jamais ce ne serait pas un drame. Les livres sont faits pour circuler. Sur le chemin du retour, le livre en main, je me dis que franchement j’aurais sûrement pu l’obtenir à la bibliothèque. Cependant, je suis certaine que cette circonstance particulière a donné à ma lecture une saveur toute spéciale.
J’ai apprécié ce livre autant que la gentille dame qui me l’a prêté. Rassurez-vous, je le lui ai rendu. Et quelque temps après, je l’ai acquis lors d’une vente de bouquins usagés, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de le prêter à mon tour, car, rappelez-vous, les livres sont faits pour circuler.