Des bretelles fleuries
Il existe des bretelles de toutes les couleurs du spectre. Je ne vous parlerai point de celles qui servent à supporter ce qu’on ne veut pas voir tomber mais plutôt de celles qui supportent les entrée et sortie de l’autoroute. Vous comprendrez que mon texte ne se veut pas un traité ni un hommage à l’accessoire vestimentaire mais le constat d’une situation qui se répète année après année. Sans vouloir minimiser cet apport aussi généreux à d’autres aires, la proximité des services de restaurants-minute fait de ces lieux une cible de choix et leur donne mauvaise mine.
Leurs abords fleurissent de tout ce qui y est ensemencé en toute saison. Sans doute inspirés de la devise de M. Larousse, les semeurs à tout vent distribuent gaiement papiers, ustensiles et sacs de plastique, cannettes, cartons, verres à café, ainsi que leurs amis de même acabit. Abandonnés par la générosité mal placée des voyageurs qui empruntent ou quittent l’autoroute 20, ces compétiteurs de la flore aux couleurs restauration rapide contribuent allègrement à engraisser pelouses et boisés environnants tout en étant néfastes aux petits mammifères ou oiseaux qui croient y assouvir leur quête.
Bien que la plupart des gens sache les méfaits de leurs gestes négatifs sur l’environnement, il semble que pour certains la main ignore ce que croit la tête. Sans doute leur faut-il, une fois repus, jeter du lest et ainsi éviter de rendre obèse l’intérieur de l’auto. Fort heureusement, ce n’est pas nous qui agissons de la sorte, ce sont évidemment les autres ; aussi ne tenez pas compte de mes propos car, pour emprunter les paroles de Gilles Vigneault, « ce que je dis, c’est en passant. »
Souhaitons toutefois que, ce faisant, les auteurs de cette situation n’oseront pas s’en péter les bretelles.
Serge Picard