Le feu au fond du bois


L’an dernier, en plein confinement lourd et dur à tant de niveaux, je me suis arrêtée, à la fin d’une journée de travail pour marcher dans les sentiers près du Golf, histoire de retrouver, au contact de la nature un peu de paix. J’avais pourtant l’habitude d’y aller skier. Mais voilà qu’au crépuscule de ce jour, dans toute sa beauté au travers de la forêt, arrivant tout au fond près de la petite cabane, j’eus l’agréable surprise d’y retrouver un feu extérieur. Un feu chaleureux et lumineux au fond d’une forêt! Un homme bénévole était assis non loin, avec lequel je pus avoir une longue conversation, juste pour le plaisir d’échanger et de partager, en vrai et en douceur. Que cette petite dose de chaleur et d’humanité m’a fait du bien!

Cet été, nous étions, un ami et moi, assis tranquillement au bord de l’eau, au Parc des Trois-Bérets, lorsqu’un fort sympathique monsieur s’est tout bonnement engagé à monter un feu de grève près de nous, pour qui voudrait bien l’apprécier. Ce que nous avons fait avec bonheur, profitant de ce fait d’un petit rassemblement toute la soirée, la puissance du feu invitant sans contredit à la célébration de la vie et de sa magie.

Le feu au fond du bois est toujours là, de même que d’autres à différents endroits au travers de la région, rassemblant les gens, comme des papillons attirés par cette Lumière. Ces feux porteurs de partage, d’ouverture et de communauté, que des gens visionnaires ont mis en place, soutenus par des bénévoles donneurs de vie. J’ai vu, à la saison chaude, d’autres feux de grève allumés sans prétention autre que de servir la vie.

Où sont donc rendues nos ligues du vieux poêle? Que sont devenues les conversations spontanées, en présence, à refaire mille fois la société, être en accord ou pas, mais sans acrimonie ou jugement autre que communier ensemble? La vie communautaire n’est rien d’autre que fraternité, attention et soutien les uns les autres. Des initiatives comme celles-ci tissent, parfois resserrent des liens qui tendent à se dissoudre par une vie peut-être trop tournée vers nos intérieurs, que la situation actuelle n’aura fait qu’accentuer. Des initiatives venues du cœur, sans autre vouloir que de faire du bien. Et elles le font ; parfois même elles sont reprises et soutenues par les élus. Combien d’initiatives chacun de nous avons bloquées? Imaginons une communauté où chacun se donne le droit d’aller au bout de ses idées pour offrir aux gens une parcelle de lui, ou d’elle. C’est l’ensemble de ces petits gestes qui fait la couleur d’un vécu collectif. Et tout le monde aime la générosité d’un arc-en-ciel…

Bravo et merci à tous ceux et celles qui osent…

Isabelle Paradis

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