Mille feuilles - Des familles, encore


Premier sang (2021) d’Amélie Nothomb. Elle y relate l’histoire de son père, qui a perdu le sien à l’âge de 8 mois. Élevé par ses grands-parents maternels (sa mère s’enveloppant dans son chagrin de veuve), il fait des séjours chez ses grands-parents paternels où il fait connaissance d’oncles et de tantes de son âge et un peu plus. Une tornade de grands enfants envahit le dortoir. On peut dire qu’il s’y forge un caractère puisqu’il passe d’un milieu bourgeois, privilégié, à un lieu de privations. Il apprécie toutefois la vie de clan, si différente de son existence solitaire à Bruxelles.

J’ai vanté Valérie Perrin pour ses romans Trois et Changer l’eau des fleurs, cette fois je vous propose Les oubliés du dimanche (2015) que j’ai également adoré. Justine a 21 ans, elle travaille dans une résidence de personnes âgées. Les infirmières ont plus de responsabilités médicales que les aides-soignantes, mais je préfère mon métier parce que nous, nous tenons la main des résidents. Elle se lie particulièrement à Hélène, presque centenaire, qui lui raconte son histoire. Les circonstances feront que peu à peu Justine découvrira sa propre histoire dont les zones d’ombre qui l’occultent se dissiperont, parfois douloureusement. Par d’efficaces allers-retours dans le temps, Perrin nous offre les clés du casse-tête à petite dose, déjouant souvent nos hypothèses.

Le soldat de verre (2010) de Steven Galloway. Salvo Ursari est Rom. Alors qu’il est enfant, son destin et celui de sa famille se jouent sur le clocher d’une église en Transylvanie. Sur la pointe du clocher, Salvo étendit largement les bras, paumes tournées vers le ciel. Ce très beau roman nous entraîne dans le monde des gens du voyage et leurs contes traditionnels. Le voyage de Salvo ira d’embûches en réussites, de surprises en rencontres, sur un fond de passion et de persévérance. Le talent de conteur de Galloway nous tient en haleine.

Le lieu précis de ma colère (2014) de Marie Clark. Une rencontre entre deux poqués : un garçon de huit ans qui a du mal à entrer dans le cadre et un trentenaire qui se reconnaît dans ce petit homme. Je commençais à comprendre ce que c’était d’avoir un enfant comme lui, ce que ça avait dû être pour mes parents d’avoir un enfant comme moi. Naîtra une amitié qui fera du bien à l’un autant qu’à l’autre et pourquoi pas, à d’autres, dans un quartier où la violence côtoie l’entraide. Bibliothèque Charles-E.-Harpe, collection Réseau.

Les enfants sont rois (2021) de Delphine de Vigan. Un roman qui expose avec lucidité la dérive des réseaux sociaux tels qu’utilisés par certains parents y mettant en scène leurs enfants. Dès l’incipit on apprend la disparition d’une fillette surexposée sur YouTube. On alterne donc entre l’enquête policière et des retours dans le temps qui expliquent la dynamique familiale. La plupart des gens nous aiment. Ils nous le disent, nous écrivent, ils font des centaines de kilomètres pour nous voir… C’est fou tout cet amour qu’on reçoit. Choc entre la réalité et la vie qu’on veut montrer. Bibliothèque Charles-E.-Harpe, collection locale.

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