Mille feuilles - Des nouvelles

Le palais de la fatigue (2017) de Michael Delisle. Un court recueil de six nouvelles présentant un fil conducteur, avec des personnages récurrents. Autour du narrateur, un frère, une mère pas très attentive (Ma mère s’est aperçue de mon déménagement une quinzaine plus tard), une amoureuse, un professeur. Une réflexion sur la création, l’écriture.
Amun (2016), collectif de nouvelles d’auteurs autochtones de diverses nations et générations sous la direction de Michel Jean. Un florilège intéressant qui présente des auteurs qu’on aura envie de connaître davantage. Des thèmes familiers sont abordés, chacun y mettant son ton et sa couleur. Son père fit partie de la première cohorte d’enfants volés et enfermés dans un pensionnat. *
Fantaisie allemande (2020) de Philippe Claudel. De courtes histoires situées dans un lieu et un temps communs, soit l’Allemagne un peu après ou durant la Seconde Guerre mondiale. La ville ressemble encore à un immense dentier qu’on aurait cassé avec un marteau. Une atmosphère prenante, une aura d’incertitude. On suit, entre autres, un ancien soldat en fuite, une fillette orpheline recueillie par une vieille femme. *
Mathématiques intimes (2014) de Lori Saint-Martin. On la connaît comme traductrice, elle nous offrait ici des « microrécits ». En moins de 100 pages, 13 thèmes sont abordés en brefs textes de quelques paragraphes tout au plus. Parfois déroutants, ses textes peuvent aussi bien parler de princesses et de grenouilles Ils sont bien loin maintenant, ces temps où nous courtisaient cent princes accourus des quatre coins de la terre, avec leurs suivants et leurs superbes étalons (…), que de mères et de bijoux. Un ouvrage atypique, intéressant à découvrir. *
Rang de la Dérive (2022) de Lise Tremblay. L’auteure nous offre bellement cinq nouvelles dans lesquelles sont mises en scène des femmes vieillissantes, la plupart en rupture amoureuse. On y côtoie les regrets, l’apprivoisement du grand âge, de la mort mais aussi la lucidité et de beaux pans de lumière. J’oubliais le fait que je n’avançais pas dans ma carrière, que je stagnais et que j’allais rester toute ma vie en friche. **
Vous ne me connaissez pas (2006) de Joyce Carol Oates. Ce recueil met en scène des personnages souvent inquiétants, au passé trouble, aux blessures toujours à vif, au coeur de familles dysfonctionnelles. Pauvreté, abus, délinquance, voire criminalité constituent le cadre des histoires proposées. Quand nous étions enfants, mes frères avaient souvent des « ennuis ». Oates maîtrise l’art d’installer une tension jusqu’au dénouement. *
La ville de vapeur (2021) de Carlos Ruiz Zafon. Si vous avez lu et aimé la saga du Cimetière oublié vous en retrouverez avec plaisir dans ce livre l’atmosphère et les thématiques. Un mélange de mystère et de réalité ainsi que d’étranges écrivains peuplent les pages magistralement écrites. Dans ces temps de légende, l’histoire n’avait d’autre subterfuge que le souvenir de ce qui ne s’était jamais produit, et la vie n’avait d’autre chimère que fugace et transitoire.*
*Bibliothèque Charles-E.-Harpe, Collection Réseau
** Bibliothèque Charles-E.-Harpe, collection locale