*TÉMOIGNAGE - Une Nouvelle VIE grâce à un Don

Quand notre santé et notre qualité de vie déclinent depuis plusieurs années déjà même si on est encore loin de l’aube de notre retraite… Quand les journées de travail nous épuisent au point que l’on ne pense qu’à se coucher en rentrant à la maison et non aux sorties familiales ou entre amis… Quand le simple fait de manger n’est plus un plaisir, mais une corvée, les restrictions étant si nombreuses… Quand les rêves que l’on chérissait tant deviennent inaccessibles… Et puis, malgré le suivi médical serré, la prise méticuleuse de la médication, la stricte hygiène de vie, la nouvelle redoutée tombe :
« Vos reins ne fonctionnent plus qu’à 10 % Madame ! ».

C’est à l’âge de 26 ans, lors d’une première grossesse que Josée Chouinard, native de Sainte-Perpétue a reçu le diagnostic de maladie rénale polykystique. Maladie génétique dont d’autres membres de sa famille sont aussi porteurs ou atteints. Cette maladie entraîne chez la plupart des personnes la formation de multiples kystes sur les reins qui augmentent de volume parfois jusqu’à devenir aussi gros que des ballons de football. Il détruit aussi le tissu normal du rein qui perd alors sa capacité à filtrer l’eau, les impuretés et les déchets du sang. Des problèmes importants de santé s’installent et peuvent finir par menacer la vie de la personne atteinte.
En 2020, la dialyse péritonéale pratiquée la nuit à domicile, 7 jours sur 7, permettra à Josée d’épurer son sang. Un cathéter installé dans son abdomen amènera un liquide stérile le dialysât, vers le péritoine, membrane qui entoure l’abdomen et différents organes. Le tout agira comme un filtre épurateur. En 2021, suite à une infection elle devra passer à l’hémodialyse à l’hôpital 3 fois par semaine. Entretemps son dossier médical est préparé à l’Hôtel-Dieu de Québec en vue d’une greffe rénale.
Le 12 janvier 2022 est à marquer d’une pierre blanche. En pleine nuit, sans accompagnateur pour le soutien car on est encore en pandémie, Josée reçoit son nouveau rein arrivé de Colombie Britannique. Un maelström d’émotions l’envahit ! Autour de 25 années se sont écoulées depuis le diagnostic.
Les 7 premiers jours de sa convalescence s’écoulent au Monastère des Augustines, cette fois accompagnée de sa mère.
Elle se prolongera à la maison durant 4 à 5 mois et la prise de médicaments anti-rejet sera à vie.
La vie a repris son cours..pour cette battante, femme courageuse et résiliante qui n’a jamais baissé les bras. Le travail aussi : Directrice du soutien à domicile du CISSCA. Elle est bien entourée côté famille et amis..et s’assure de bien profiter du moment présent.
Pour le don de cette nouvelle vie, Josée éprouve une gratitude éternelle pour sa jeune donneuse. Elle est à préparer sa lettre de reconnaissance à l’intention de sa famille.
* Témoignage donné le 25 avril 2023 au Centre GO à Saint-Jean-Port-Joli dans le cadre de la semaine nationale des dons d’organes.
Le Don d’une Nouvelle Vie (Transplant Québec)
Saviez-vous qu’une seule personne peut sauver jusqu’à 8 vies en donnant ses organes à son décès ?... Saviez-vous qu’elle peut aussi améliorer la qualité de vie de 15 autres personnes en faisant aussi don de ses tissus ?... Saviez-vous qu’on peut ainsi donner un nouveau sens à la perte d’un être cher ?... Saviez-vous que l’on peut aussi donner de son vivant un rein, une partie de son foie à un parent, un ami ou un pur étranger sans que cela n’affecte en général notre propre qualité de vie ?...
À l’occasion de la semaine nationale des dons d’organes et de tissus, la Fondation des services de Santé de la MRC de L’Islet avait organisé le 25 avril dernier, à la salle GO de Saint-Jean-Port-Joli une rencontre à deux volets. Le témoignage d’une greffée rénale de notre région, Madame Josée Chouinard, et une conférence donnée par deux infirmières de Transplant Québec, mesdames Andréeanne Daigle Guay et Emilie Vigneault.
En 2022, 913 personnes étaient en attente d’une greffe chez Transplant Québec ; de ce nombre, 483 ont eu la chance d’avoir le précieux don. En Chaudière-Appalaches, 22 personnes sont en attente d’un nouveau rein. C’est l’organe le plus en demande ; suivent foie, cœur, poumon, pancréas.
Le décès neurologique du donneur doit d’abord avoir été constaté à l’hôpital par l’équipe médicale avant que l’on procède au prélèvement.
Depuis l’avènement de l’aide médicale à mourir, 15 % des dons en proviennent. 50 % de la population du Québec a déjà signifié sa volonté de donner ses organes à son décès.
Faites-vous partie de l’autre 50 % qui pourrait augmenter de beaucoup les chances qu’une personne puisse bénéficier d’une nouvelle vie ? Si oui, c’est le temps d’y réfléchir… et d’envisager ce don.
Comment manifester votre désir de le faire ?
Signez l’autocollant relatif au don d’organes et apposez-le à l’endos de votre carte d’assurance maladie. Il est aussi important de discuter de votre choix avec votre famille et vos proches et de leur faire part de votre décision. À votre décès (surtout s’il est accidentel) c’est à votre plus proche parent que l’on demandera si vous aviez consenti au don d’organes et de tissus. La personne pourra parler en votre nom et ainsi faire respecter votre volonté. Vous pouvez aussi officialiser votre consentement en l’inscrivant au registre des consentements au don d’organes et de tissus et compléter le formulaire en ce sens auprès de la Régie de l’assurance maladie.
On peut aussi le commander en ligne ou par téléphone.
Un tel don de vie n’est-il pas aussi une manière exceptionnelle de laisser une trace unique et utile après notre départ ?...De faire preuve d’humanité !
*Steve Chouinard, *Lucille Chouinard , Josée Chouinard greffée rénale, Emilie Vigneault et Andreane Guay Daigle de Transplant Québec, *Nathalie Gauvin, *Michel Pelletier.
* membres de la Fondation des services de santé MRC de L'Islet.